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LE VOLET SANTE

Si mal manger nuit à la santé,

Bien manger est un gage de bonne forme

"Que ton aliment soit ta seule médecine."

Hippocrate (460-370 avant J.C.)

Sur l’aspect spécifique de la nutrition, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a apporté fin 2016 un aggiornamento très important au PNNS – programme national nutrition santé, en édictant des recommandations très claires sur la nécessité de changer nos habitudes alimentaires : elles concernent en particulier la plus grande place à donner aux légumineuses, aux produits céréaliers complets, aux légumes, aux fruits, ainsi qu’à certaines huiles végétales. En complément, l’Agence insiste fortement sur la nécessité de limiter la consommation des viandes, hors volailles, et plus encore des charcuteries et des boissons sucrées. Enfin, l’Agence rappelle la nécessité de diminuer les teneurs de certains contaminants de l’alimentation et réitère sa recommandation aux consommateurs de diversifier leur régime alimentaire et les sources d’approvisionnement.

En d’autres termes, il devient essentiel d’augmenter la part végétale de notre nourriture, de réduire la part carnée et sucrée de notre alimentation et celle des nombreux polluants qui s’y infiltrent.

 

En marge de ces déclarations importantes, de très nombreuses publications relatent également le côté indispensable de ce changement.

La surconsommation de produits animaux est mauvaise pour la santé. D'un point de vue nutritionnel, il faudrait diviser par deux notre consommation de produits d'origine animale. Les experts indépendants le confirment : une alimentation saine et plus végétale, associée à de l’exercice physique réduit obésité[1], diabète de type II, cancers[2], allergies, perturbations endocrines, et de nombreuses comorbidités associées.

L’agence de l’Organisation mondiale de la santé OMS a classé, en octobre 2015, la viande rouge comme « cancérogène probable pour l’homme », et la viande transformée (charcuteries, nuggets, corned-beef, "cordon bleus", etc.) comme « cancérogène avéré », avec des risques accrus sur le côlon et l’estomac[3]. Même si la France, et l’Europe, diminuent lentement leur part de viande, les Français mangent toujours deux fois plus de viande (86 kg/an) que la moyenne mondiale (42 kg/an)[4]. Au plan mondial, la production de viande a quintuplé entre 1950 et 2000 ! Et celle de l’aquaculture est passée de 1 million de tonnes en 1950 à 52 millions de tonnes en 2006… Dans le même temps, la population humaine n’a augmenté « que » d’un facteur 2,6, passant de 2,5 en 1950 à près de 6,5 milliards en 2006 (7,5 en 2017).

Outre les cancers, l'excès de graisses animales et d'apports caloriques peut induire une obésité    , des atteintes cardiovasculaires (hypertension, insuffisance cardiaque et aussi accident vasculaire cérébral), du diabète de type 2, et des problèmes hépatiques. Dans ce dernier cas, les spécialistes annoncent en 2017 que 12% des personnes obèses sont frappées de stéato-hépatite non-alcoolique ou NASH (non-alcoholic steatohepatitis), une forme de cirrhose, mais sans alcool. Le surpoids est l’une des principales causes de cette maladie.

Par ailleurs, l'usage massif d’antibiotiques dans les élevages (80% des ATB aux USA sont dédiés aux animaux) contribue à l'apparition de souches bactériennes résistantes (BLSE) :    65 à 90% de la viande de poulet, 40 % de la viande de veau et 13 % de la viande de bœuf sont contaminés… En France (2011), plus de 900 tonnes d’antibiotiques vétérinaires ont été consommés dont 39% pour la population porcine, en 1ère place[5]. Le danger majeur réside dans le fait que les gènes de résistance peuvent être transmis à l’homme par le biais de la chaîne alimentaire ou de l’environnement.

En 2007, les infections et les morts attribuables aux bactéries multirésistantes étaient respectivement estimées à 400.000 et 25.000 par an en Europe…

L'élevage industriel est également responsable du déclenchement d‘épizooties (ESB, grippe aviaire : cf. les abattages massifs récents de canards). La « vache folle » a été à l’origine de 23 décès en France et 214 dans le monde en 2009.

Ces antibiotiques, loin d’être anodins, sont devenus nécessaires pour augmenter la productivité animale (facteur de croissance), et contrôler les maladies des animaux d’élevage dues aux espaces concentrationnaires des élevages « modernes »… Cet usage industriel des antibiotiques vétérinaires est à l’origine d’une montée sans précédent de l’antibiorésistance : les bactéries s’adaptent et contournent nos traitements. Un danger majeur plane sur nos têtes, que nous sommes en train de perdre, et le progrès fantastique de l’antibiothérapie pourrait ne durer que moins d’un siècle pour cause de déraison et de folie libérale si nous poursuivons dans cette direction périlleuse.

Cette démarche Jeudi Vert ne peut être à l’origine d’éventuelles carences, par le simple fait qu’elle ne concerne que 7% des repas principaux de la semaine (comprenant 14 déjeuners et dîners). Elle ne peut qu’être, au contraire, tout à fait bénéfique sur le plan de la santé générale, répondant totalement aux dernières recommandations sanitaires, notamment de l’ANSES. Si, en outre, l’accent est mis sur l’aspect biologique des denrées végétales, les consommateurs verront de facto réduire les parts de toxiques dans leur alimentation (résidus de pesticides, additifs chimiques, métaux lourds).

Bien se nourrir est un acte vital : Le Professeur David Khayat, chef du service d'oncologie médicale de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, annonce que 20% des cancers sont liés à l'alimentation (dont l'alcool), et que l'obésité est notamment un facteur de risque important de cancer. Un véritable sujet de santé publique, derrière lequel se jouent des dizaines et des centaines de milliers de vies !

Combattre l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires par une meilleure alimentation, avoir de l'activité physique chaque semaine, diversifier ses aliments, éviter les aliments industriels, diminuer viande, charcuterie et gros poissons (problème des métaux lourds et PCB), augmenter la part végétale, fuir le tabac : Autant d'atouts santé ! 

Le temps du "Mange et tais-toi" est révolu. Chacun a besoin de savoir et de choisir son alimentation de la manière la plus éclairée possible. Chacun doit aussi protéger les enfants et leur santé, et les éduquer dans ce sens.

 

[1] Surcharge pondérale et obésité ne cessent d’augmenter. Un triste exemple avec la Réunion où la surcharge pondérale touche la moitié de la population, 13 % des Réunionnais étant obèses.

[2]   Il existe un lien direct entre une alimentation plus fibrée et la diminution des cancers colorectaux. Ces derniers augmentent en revanche avec une quantité accrue de viande rouge et de charcuterie (INSERM).

[3] http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/cancer-red-meat/fr/

[4] Les Danois sont les « champions » du monde avec  146 kg/an… On peut parler d’hypercarnisme !

[5] Source ANSES

APSARES alimentation responsable

Le cas chinois : Une preuve supplémentaire de l’importance de la nutrition a été récemment fournie par une étude de l’European journal of preventive cardiology, publiée en 2016 et  concernant la population des enfants et adolescents chinois. Moins de 1% d’entre eux étaient obèses en 1985 (0,03% de garçons, 0,12% de filles) contre environ 17% de garçons et 9% de filles en 2014, selon des travaux menées sur 27.840 jeunes de la province de Shandong (Est de la Chine, 96 millions d’habitants) entre 1985 et 2014. On y lit : « La Chine paie le prix de l’adoption d’un mode de vie occidental », dont l’alimentation carnée et sucrée, de nature principalement industrielle et complémentée d’additifs chimiques, la junk food (hamburgers, frites, muffins, etc.) et les sodas, les repas hypercaloriques. Le professeur Joep Perk, porte-parole de la Société européenne de cardiologie a commenté cette étude : « C’est la pire explosion de l’obésité infantile que j’aie jamais vue (…) La popularité du mode de vie occidentale va coûter des vies ». Ainsi, en 10 ans, de 2002 à 2012, le nombre d’enfants chinois obèses de 6 à 17 ans a triplé, selon une autre étude réalisée en juillet 2015 par la Commission nationale pour la santé et le planning familial (équivalent d’un ministère)… Et il ne s’agit « que » d’obésité. Une autre étude épidémiologique, sur un spectre beaucoup plus étendu en termes de population et de pathologies, avait déjà établi ce type de constat en Chine : le rapport Campbell, baptisé « China Study ». Cet exemple chinois pose notamment la question de l'impact de la nutrition sur l'épigénome humain...

Evolution de la consommation alimentaire en chine : 1960 à 2008

Le cas étasunien : Une épidémie d'obésité morbide et de diabète s'est répandue en une vingtaine d'années aux Etats-Unis (voir la carte ci-dessous), essentiellement liée à une alimentation dégradée ("junk food") : trop de sucres, de graisses saturées, de toxiques (additifs, perturbateurs endocriniens, etc.). De nombreux experts prédisent une flambée conséquente de cancers dans les prochaines années, liée à cette obésité et à ces dérèglements de santé, après un temps de latence... 

L'Europe suit le mouvement avec quelques années de retard. D'un taux de 17%, l'obésité en France pourrait passer à 27% en 2030, soit un peu plus de dix ans seulement...

Il est surprenant de voir les Etats-Unis se déchirer au plan politique et social sur la question de la couverture de santé ("Obamacare"), alors que le budget santé pourrait être largement maîtrisé et probablement considérablement réduit en agissant préventivement sur les pratiques alimentaires de leurs concitoyens.

Quant à nous : Il est encore temps de réagir, pour nous, nos enfants et les générations futures !

Prévalence obésité et diabète aux USA

La part du budget alimentation des ménages français diminue depuis plus de 50 ans (de 38% en 1960 à 25% en 2007). Ne faut-il pas la reconsidérer pour notre plus grand bénéfice ? 

Les humains mangent trop de protéines (animales en particulier : en rouge), et surtout dans les pays riches...